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samedi 17 mai 2008 |

MARSEILLE (CIRA) : Conférence-débat animée par Charles Jacquier Dynamique contestataire & histoire ouvrière. L’exemple de la collection « Mémoires sociales » chez Agone)

samedi 17 mai 2008

MARSEILLE (CIRA) : Confé­rence-dé­bat ani­mée par Charles Jac­quier Dy­na­mique contes­ta­taire & his­toire ou­vrière. L’exemple de la col­lec­tion « Mé­moires so­ciales » chez Agone)

Ré­cem­ment, une mi­li­tante li­ber­taire ti­rant un bi­lan de la si­tua­tion po­li­tique après les élec­tions pré­si­den­tielles, pro­po­sa quelques re­cettes, qua­li­fiées à juste titre de « ba­siques », pour re­cher­cher et ap­pro­fon­dir une dy­na­mique contes­ta­taire ; par­mi celles-ci elle men­tion­nait l’im­por­tance de « se ré­ap­pro­prier l’his­toire ou­vrière in­ter­na­tio­nale » afin de « faire en­tendre une autre voix que celle de la ré­ac­tion »1.
Si l’on ne peut qu’ap­prou­ver cette re­marque, et in­sis­ter sur son im­por­tance po­li­tique dans la conjonc­ture ac­tuelle, ce­la ne doit pour­tant pas mas­quer les dif­fi­cul­tés à mettre en œuvre une telle re­com­man­da­tion.
En ef­fet, la si­tua­tion a bien chan­gé de­puis les len­de­mains de mai 1968 où nombre de mi­li­tants par­tirent avec pas­sion à la dé­cou­verte des ex­pé­riences et des mi­li­tant(e)s ou­blié(e)s du mou­ve­ment ou­vrier, des cou­rants mi­no­ri­taires la­mi­nés par des dé­cen­nies de sta­li­nisme et de ré­for­misme. Après des an­nées d’« idéo­lo­gie froide », ils avaient en ef­fet com­pris qu’il fal­lait « re­prendre l’étude du mou­ve­ment ou­vrier clas­sique d’une ma­nière désa­bu­sée », car ses hé­ri­tiers lé­gi­times ne pos­sé­daient que « l’hé­ri­tage de son échec » et que ses suc­cès ap­pa­rents étaient ses « échecs fon­da­men­taux », et ses échecs, ses seuls suc­cès pour l’ave­nir2.
Au­jourd’hui, nous sommes loin de telles pers­pec­tives et il im­porte de com­prendre pour­quoi en re­ve­nant sur le pro­ces­sus de neu­tra­li­sa­tion des luttes so­ciales du pas­sé, entre brouillage, oc­cul­ta­tion et tra­ves­tis­se­ment. L’idéo­lo­gie mise en place au cours des an­nées 1980, et ren­for­cée en 1989 par la conjonc­tion de l’en­ter­re­ment de la Ré­vo­lu­tion française et de la fin de l’URSS, cen­sée in­car­ner la seule ex­pé­rience de dé­pas­se­ment des so­cié­tés de mar­ché, tient tou­jours le haut de l’af­fiche et se re­nou­velle en in­ven­tant des pro­cé­dés de brouillage qui portent la confu­sion à son plus haut ni­veau.
Dans le consen­sus sur le pas­sé éta­bli de­puis lors, deux pé­riodes tiennent le haut de l’af­fiche : celles de l’Al­le­magne na­zie et de la Se­conde Guerre mon­diale, éri­gées en norme obli­ga­toire et in­dé­pas­sable de l’hor­reur de­vant à tout le moins re­la­ti­vi­ser les drames du pré­sent.
À tra­vers l’exemple du tra­vail en­tre­pris par la col­lec­tion « Mé­moires so­ciales » (aux édi­tions Agone), nous ver­rons, sur ces deux thèmes, com­ment po­ser un re­gard qui laisse toute sa place aux femmes et aux hommes qui ten­tèrent de main­te­nir vi­vante l’es­pé­rance d’un monde meilleur dans les cir­cons­tances les plus dif­fi­ciles qui soient.


1 Va­ni­na, « Ils et elles ont vo­té et puis après ? », Cou­rant al­ter­na­tif, oc­tobre 2007, n° 173, p. 16.
2 « Les mau­vais jours fi­ni­ront », In­ter­na­tio­nale si­tua­tion­niste, avril 1962, n° 7, p. 12.