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samedi 2 octobre 2010 |

MARSEILLE (CIRA) : Causerie animée par Charles Jacquier : Retour à l’Ouest de Victor Serge

samedi 2 octobre 2010

MARSEILLE (CIRA) : Cau­se­rie ani­mée par Charles Jac­quier : Re­tour à l’Ouest de Vic­tor Serge

Ré­dac­teur de L’Anar­chie après la mort de Li­ber­tad et condam­né à cinq ans de pri­son pour son re­fus de col­la­bo­rer avec la po­lice dans la cé­lèbre af­faire des “ban­dits tra­giques” de la bande à Bon­not, Vic­tor Lvo­vitch Na­po­léon Ki­balt­chitch, dit Vic­tor Serge (1890-1947) se ral­lie aux bol­che­viks dès son ar­ri­vée en Rus­sie en 1919, tra­vaillant no­tam­ment pour les ser­vices de presse de l’In­ter­na­tio­nale com­mu­niste en URSS puis en Al­le­magne.
Par­ti­san de l’Op­po­si­tion de gauche réunie au­tour de Trots­ki, il fut ex­clu du Par­ti com­mu­niste russe au dé­but de 1928 et vic­time du­rant huit an­nées des per­sé­cu­tions du ré­gime sta­li­nien. Il bé­né­fi­cia ce­pen­dant de la so­li­da­ri­té de quelques écri­vains et des mi­lieux ré­vo­lu­tion­naires an­ti­sta­li­niens qui en­tre­prirent en sa fa­veur une longue cam­pagne de so­li­da­ri­té in­ter­na­tio­nale.
Fi­na­le­ment li­bé­ré d’URSS, Vic­tor Serge ar­rive à Bruxelles avec sa femme et ses deux en­fants le 12 avril 1936 et s’ins­talle chez l’anar­cho-syn­di­ca­liste belge d’ori­gine russe Ni­co­las La­za­ré­vitch.
Alors qu’en France la to­ta­li­té de la presse du Front po­pu­laire le boy­cotte, le quo­ti­dien so­cia­liste et syn­di­cal de Liège, La Wal­lo­nie, lui offre une chro­nique heb­do­ma­daire qu’il pu­blie de juin 1936 à mai 1940, de l’eu­pho­rie du Front po­pu­laire à la dé­bâcle de la France face à l’Al­le­magne na­zie.
Il y aborde les évé­ne­ments de l’heure, et tout par­ti­cu­liè­re­ment ceux d’Es­pagne et d’Union so­vié­tique, ain­si que les épi­sodes qui mè­ne­ront à la Se­conde Guerre mon­diale. Il livre aus­si, au jour le jour, son té­moi­gnage sur les mi­li­tants qu’il a connus, vic­times des ré­pres­sions to­ta­li­taires ; évoque les grandes dates du mou­ve­ment ré­vo­lu­tion­naire en es­sayant d’en ti­rer la leçon pour les lec­teurs de son temps ; se fait à l’oc­ca­sion cri­tique lit­té­raire exi­geant et lu­cide, en par­ti­cu­lier sur les er­re­ments an­ti­sé­mites de Louis-Fer­di­nand Cé­line ou les com­plai­sances pour l’URSS d’An­dré Mal­raux…

La sé­lec­tion de ces 93 chro­niques (sur un to­tal de 203) pu­bliée dans le vo­lume Re­tour à l’Ouest consti­tue un do­cu­ment à la fois his­to­rique et lit­té­raire de pre­mier plan pour connaître ces an­nées dé­ci­sives, juste avant qu’il soit “mi­nuit dans le siècle”. En­fin, on com­prend mieux grâce à ces textes ce que furent ces an­nées de contre-ré­vo­lu­tion qui me­nèrent au se­cond conflit mon­dial et com­ment le mou­ve­ment ou­vrier ré­vo­lu­tion­naire in­ter­na­tio­nal fut anéan­ti par le sta­li­nisme.