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samedi 17 novembre 2012 |

MARSEILLE (CIRA) : Causerie animée par Tomás Ibañez : Une résurgence anarchiste

samedi 17 novembre 2012

MARSEILLE (CIRA) : Cau­se­rie ani­mée par Tomás Ibañez : Une ré­sur­gence anar­chiste

La pré­sen­ta­tion du livre Une ré­sur­gence anar­chiste pu­blié il y a quelques mois aux édi­tions Acra­tie par Sal­va­dor Gu­ru­char­ri et Tomás Ibañez est un pré­texte pour faire connaitre, ou pour rap­pe­ler, un épi­sode par­ti­cu­lier de la longue lutte me­née par les anar­chistes contre la dic­ta­ture fran­quiste. Ré­pon­dant à un ac­cord pris par l’en­semble des or­ga­ni­sa­tions du mou­ve­ment li­ber­taire es­pa­gnol, cet épi­sode prend nais­sance au dé­but des an­nées soixante avec le dé­clen­che­ment d’une cam­pagne d’ac­tions vio­lentes contre le ré­gime fran­quiste qui se­ront me­nées sur un rythme en­dia­blé et dont cer­taines vi­saient la per­sonne même du dic­ta­teur. Cé­dant de­vant les pres­sions fran­quistes, le gou­ver­ne­ment français met­tra très ra­pi­de­ment hors-la-loi le sec­teur qui se trouve le plus fer­me­ment en­ga­gé dans cette lutte, c’est-à-dire, la Fé­dé­ra­tion Ibé­rique des Jeu­nesses Li­ber­taires (FI­JL), et des di­zaines de ses membres se­ront ar­rê­tés en ter­ri­toire français quelques se­maines après que Fran­co ait fait exé­cu­ter au gar­rot deux de ses mi­li­tants ar­rê­tés à Ma­drid.
L’es­ca­lade de la ré­pres­sion n’em­pê­che­ra pas la FI­JL de pour­suivre en so­li­taire la ligne de har­cè­le­ment violent de la dic­ta­ture après que les autres branches du mou­ve­ment li­ber­taire es­pa­gnol y aient re­non­cé, et même d’ob­te­nir quelques suc­cès re­ten­tis­sants tels que l’en­lè­ve­ment, re­ven­di­qué sous le nom Groupe 1er Mai en 1966, de l’am­bas­sa­deur fran­quiste au­près du Va­ti­can. Ce ne se­ra qu’à la fin des an­nées soixante que pren­dra fin l’en­ga­ge­ment de la FI­JL dans cet épi­sode de la ré­sis­tance li­ber­taire contre le fran­quisme.
La pré­sen­ta­tion du livre n’est pas seule­ment un pré­texte pour illus­trer un frag­ment de l’his­toire de cer­taines luttes anar­chistes, c’est sur­tout l’oc­ca­sion pour ré­flé­chir sur la na­ture des conflits qui agi­tèrent le mou­ve­ment li­ber­taire es­pa­gnol alors que le ré­gime fran­quiste avançait vers sa fin, et pour s’in­ter­ro­ger aus­si, de ma­nière cri­tique, sur l’ac­ti­visme, peut être né­ces­saire, dont firent preuve les mi­li­tants de la FI­JL. C’est en­fin l’oc­ca­sion pour faire re­tour sur l’état du mou­ve­ment anar­chiste en Eu­rope au dé­but des an­nées soixante et pour s’ar­rê­ter sur la ques­tion, peu dé­bat­tue, des ef­fets que pro­dui­sit la lutte de la FI­JL sur les jeunes anar­chistes de plu­sieurs pays d’Eu­rope, et sur­tout de France à la veille de Mai 68.

Une ré­sur­gence anar­chiste, de Sal­va­dor Gu­ru­char­ri et Tomás Ibañez, Acra­tie, 2012, 365 pages, 19 eu­ros.
(dis­po­nible au CI­RA)