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samedi 7 décembre 2013 |

MARSEILLE (CIRA) : Les Giménologues présentent : Les Itinéraires Barcelone-Perpignan de Jordi Gonzalbo

samedi 7 décembre 2013

MARSEILLE (CIRA) : Les Gi­mé­no­logues pré­sentent : Les Iti­né­raires Bar­ce­lone-Per­pi­gnan de Jor­di Gon­zal­bo

Jor­di, fils d’anar­chistes bar­ce­lo­nais, passe en France au prin­temps 1938 avec Lu­cia, sa mère, Mont­ser­rat, sa sœur et Ti­ti, le chien trou­vé sur le front d’Ara­gon.
Sous l’hu­mour d’un ré­cit à la pre­mière per­sonne trans­pa­raît le tra­gique de la si­tua­tion qui fut faite en France à ces Es­pa­gnols qui avaient non seule­ment dé­fié le fas­cisme et le ca­pi­ta­lisme, mais aus­si pui­sé dans cette ex­pé­rience la force et la vo­lon­té de conti­nuer la ba­garre, des an­nées du­rant, là où ils étaient.
Après les écrits d’Oc­ta­vio Al­be­ro­la, de Vi­cente Mar­ti et ceux d’autres pro­ta­go­nistes tels Sal­va­dor Gu­ru­char­ri et Tomás Ibáñez, les Iti­né­raires de Jor­di ap­portent leur écot à l’his­toire de la Fé­dé­ra­tion Ibé­rique des Jeu­nesses Li­ber­taires (FI­JL). Il nous donne l’oc­ca­sion d’ap­pro­cher le quo­ti­dien d’un groupe d’af­fi­ni­té de jeunes (et moins jeunes) li­ber­taires es­pa­gnols de Per­pi­gnan, dont l’ac­ti­vi­té va se cen­trer, dans les an­nées soixante, sur le pas­sage tras los montes de compañeros, de pro­pa­gande et de ma­té­riel plus dé­ton­nant.
Mal­gré les échecs, les tra­gé­dies, les compañeros gar­rot­tés, d’autres en­glou­tis dans les geôles fran­quistes, les luttes in­ternes, Jor­di comme tant d’autres ne re­grette rien de son en­ga­ge­ment dont il ne craint pas d’ex­plo­rer toutes les fa­cettes :
« Cer­tains ca­ma­rades nous ont de­man­dé pour quelle rai­son la FI­JL avait dé­ci­dé de par­tir en guerre fron­tale contre le fran­quisme dans un com­bat per­du d’avance, sur­tout avec les faibles moyens dont nous dis­po­sions. […] Il est évident que l’ac­tion mi­li­tante à ce ni­veau était exal­tante, mal­gré les risques en­cou­rus, car elle don­nait l’im­pres­sion de concré­ti­ser des mots et des phrases, d’être un élé­ment de la chaîne de so­li­da­ri­té et de fra­ter­ni­té qu’était la fa­mille li­ber­taire. […]
En vé­ri­té, il était im­pen­sable pour nous de res­ter en marge, juste oc­cu­pés par notre seul de­ve­nir per­son­nel, choix que firent tant de jeunes ré­fu­giés de notre âge. L’en­ga­ge­ment était donc in­évi­table… Si notre pré­sence a per­mis ou fa­ci­li­té la tran­si­tion entre la vieille gé­né­ra­tion li­ber­taire et la pré­sente, notre idéa­lisme n’au­ra pas été in­utile. »

Les Gi­mé­no­logues illus­tre­ront de pho­tos ces « Chro­niques non mi­sé­ra­bi­listes d’un jeune li­ber­taire en exil ».

Myr­tille, pour les Gi­mé­no­logues

Iti­né­raires Bar­ce­lone-Per­pi­gnan par Jor­di Gon­zal­bo. Lyon : ACL, 2013. 138 pages. 10 €. (dis­po­nible au CI­RA)