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vendredi 12 décembre 2014 |

MARSEILLE (CIRA) : causerie animée par Guillaume Davranche : Trop jeunes pour mourir : ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914)

vendredi 12 décembre 2014

MARSEILLE (CIRA) : cau­se­rie ani­mée par Guillaume Da­vranche : Trop jeunes pour mou­rir : ou­vriers et ré­vo­lu­tion­naires face à la guerre (1909-1914)

Trop jeunes pour mou­rir : ou­vriers et ré­vo­lu­tion­naires face à la guerre (1909-1914) ra­conte l’his­toire de l’op­po­si­tion ou­vrière à la mon­tée vers la guerre, et no­tam­ment celle de sa frac­tion an­ti­mi­li­ta­riste et « an­ti­pa­triote » la plus ra­di­cale, in­car­née par la Fé­dé­ra­tion com­mu­niste anar­chiste (FCA), qui me­nace ou­ver­te­ment de « sa­bo­ter la mo­bi­li­sa­tion ». Ani­mée par de jeunes ou­vriers ré­vo­lu­tion­naires de la « gé­né­ra­tion de 1906 », cette or­ga­ni­sa­tion était jus­qu’ici très mal connue, n’ayant fait l’ob­jet d’au­cune étude spé­ci­fique.
En sui­vant le fil rouge de la FCA, ce livre dé­voile le contexte de l’avant-guerre, sou­vent éclip­sé par le ca­ta­clysme de 1914, et ex­plore le mou­ve­ment ou­vrier d’alors : son or­ga­ni­sa­tion, ses pas­sions, ses frac­tions, ses contro­verses, ses pe­tites et ses grandes luttes.
Il fait le ré­cit des grèves des PTT en 1909, du rail en 1910, du bâ­ti­ment en 1911, mar­quées par le sa­bo­tage des lignes de com­mu­ni­ca­tion et par la « chasse au re­nard ». Il narre les grandes af­faires : Fer­rer, Aer­noult-Rous­set, Mé­ti­vier, Bon­not. Il ra­conte l’en­thou­siasme de la FCA pour la Ré­vo­lu­tion mexi­caine, six ans avant la Ré­vo­lu­tion russe. Il ex­plique la force mo­trice qu’a re­pré­sen­té l’heb­do­ma­daire La Guerre so­ciale, ado­ré puis re­nié par les ré­vo­lu­tion­naires. Il aborde la ré­sur­gence de l’an­ti­sé­mi­tisme et de l’an­ti­maçon­nisme en 1911, et les af­fron­te­ments du Quar­tier la­tin.
Le livre ex­plore éga­le­ment une pé­riode né­gli­gée du syn­di­ca­lisme ré­vo­lu­tion­naire français, alors que l’âge « hé­roïque » de la CGT (1901-1908) est ré­vo­lu et que, frap­pée par l’État, elle se dé­chire sur la stra­té­gie à adop­ter. Il pointe la mon­tée des femmes et de la « main d’œuvre étran­gère » dans le dé­bat syn­di­cal à cette époque. En­fin, dans un cli­mat mi­li­ta­riste et bel­li­ciste que l’on peine au­jourd’hui à ima­gi­ner, il dé­taille la ré­pres­sion contre les syn­di­ca­listes et les anar­chistes : le re­tour des « lois scé­lé­rates » de 1894, la me­nace du bagne mi­li­taire (« Bi­ri­bi »), du Car­net B et du pe­lo­ton d’exé­cu­tion.

Guillaume Da­vranche (né en 1977) est jour­na­liste et cher­cheur in­dé­pen­dant en his­toire so­ciale. Il a co­di­ri­gé le Dic­tion­naire bio­gra­phique du mou­ve­ment li­ber­taire fran­co­phone, dit le « Mai­tron des anar­chistes ». Cette œuvre col­lec­tive réa­li­sée sous les aus­pices du CNRS et de l’uni­ver­si­té Pa­ris-I a pa­ru le 1er mai 2014 aux édi­tions de l’Ate­lier.

Trop jeunes pour mou­rir : ou­vriers et ré­vo­lu­tion­naires face à la guerre (1909-1914) par Guillaume Da­vranche. L’In­som­niaque : Li­ber­ta­lia, 2014. 544 pages. 20 eu­ros.

Ce livre est dis­po­nible au CI­RA.