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samedi 5 décembre 2015 |

MARSEILLE (CIRA) : Asturies 1934 : l’autre révolution d’octobre par Francisco Pallarés Aran

samedi 5 décembre 2015

MARSEILLE (CIRA) : As­tu­ries 1934 : l’autre ré­vo­lu­tion d’oc­tobre par Fran­cis­co Pal­la­rés Aran

La crise des an­nées 1930 qui touche l’en­semble du monde a aus­si ses ré­per­cus­sions en Es­pagne. Mais pa­ra­doxa­le­ment, elle se tra­duit d’abord par un re­gain d’in­té­rêt pour le par­le­men­ta­risme (pour­tant en crise dans le reste de l’Eu­rope). Le roi Al­phonse XIII, com­plè­te­ment dis­cré­di­té doit aban­don­ner le pou­voir. Le 14 avril 1931, la Se­conde Ré­pu­blique es­pa­gnole est pro­cla­mée. Pay­sans, ou­vriers, classes moyennes at­tendent avec es­poir de pro­fonds chan­ge­ments. Les ré­formes (c’est-à-dire l’amé­lio­ra­tion des condi­tions d’exis­tence) tant es­pé­rées tardent à se réa­li­ser ; la dé­cep­tion n’en est que plus grande. À peine deux ans plus tard, une ma­jo­ri­té conser­va­trice ac­cède au pou­voir. Son chef, Jo­sé María Gil-Robles (ad­mi­ra­teur de Mus­so­li­ni, de Doll­fuss et d’Hit­ler), fait adop­ter des me­sures au­to­ri­taires de plus en plus in­quié­tantes dans une Eu­rope où les dic­ta­tures gagnent de jour en jour du ter­rain.

En oc­tobre 1934 la di­rec­tion du Par­ti so­cia­liste d’alors ap­pelle à la grève gé­né­rale et au sou­lè­ve­ment dans toute l’Es­pagne. Mal pré­pa­ré, mal co­or­don­né, ce mou­ve­ment, ac­com­pa­gné par­fois d’af­fron­te­ments ar­més, échoue.
Par contre, au nord de l’Es­pagne, dans les As­tu­ries, c’est une ré­vo­lu­tion so­ciale qui va se­couer l’en­semble de la ré­gion mi­nière. Sous le mot d’ordre de UHP (« ¡Uníos her­ma­nos pro­le­ta­rios ! », « Unis­sez-vous frères pro­lé­taires ! »), ar­més de fu­sils, de bâ­tons de dy­na­mite, de ca­nons et de mi­trailleuses, les mi­neurs as­tu­riens de l’UGT et de la CNT vont ins­tau­rer une vé­ri­table Com­mune ou­vrière.
Ils se­ront écra­sés sans pi­tié par l’ar­mée, la Lé­gion étran­gère et les sup­plé­tifs ma­ro­cains dé­pê­chés d’ur­gence d’Afrique. La ré­sis­tance des mi­neurs et la ré­pres­sion qui s’en­sui­virent ré­son­nèrent pro­fon­dé­ment, en Es­pagne et au-de­là.
Mal­gré cet échec, la Ré­vo­lu­tion des As­tu­ries peut être consi­dé­rée comme le pré­lude à la Ré­vo­lu­tion de 1936.

Fran­cis­co Pal­la­rés Aran a en­sei­gné l’es­pa­gnol en ly­cée et à l’uni­ver­si­té. Il a pu­blié des ar­ticles dans di­verses re­vues et a par­ti­ci­pé à des ou­vrages col­lec­tifs. Il est membre de la ré­dac­tion des Ca­hiers du CT­DEE (Centre tou­lou­sain de do­cu­men­ta­tion sur l’exil es­pa­gnol). Dans le n° 2 (2014), il a écrit un texte sur la ré­volte des As­tu­ries. Les trois nu­mé­ros pa­rus de ces Ca­hiers se­ront dis­po­nibles au CI­RA le jour de la cau­se­rie.